L’ode n’a pas de forme fixe, ce qui en fait un poème difficile à définir. En grec, « ode » signifie « poème à chanter ». Pendant la Renaissance, l’ode se compose généralement de strophes symétriques (chaque strophe a le même nombre de vers). L’Ode à Cassandre, que vous lirez dans cette leçon, se compose de trois strophes de six vers. Cependant, l’ode n’ayant pas de forme fixe, le nombre de strophes qu’elle contient peut varier. Le nombre de vers par strophe varie lui aussi d'une ode à l’autre (on rencontre souvent des strophes de dix vers) mais reste le même à l’intérieur d'une même ode. À part cette structure symétrique, la caractéristique la plus typique de l’ode est qu’elle est adressée à quelqu’un ou quelque chose (ex. Ode à __)
Le sonnet est un poème à forme fixe. Le sonnet apparaît pour la première fois en Italie et se répand largement en France au cours du XVIe siècle. Le sonnet se compose de deux strophes de quatre vers (quatrains) suivies d'une strophe de six vers. Généralement, dans la version publiée, cette strophe de six vers est divisée en deux strophes de trois vers (tercets). Les rimes des deux quatrains sont des rimes embrassées, c'est-à-dire qu'elles suivent le modèle ABBA. Dans les deux tercets, cependant, les rimes ne suivent pas systématiquement le même modèle.
Prenez, par exemple, ce sonnet de Louise Labé. Les lettres ajoutées à la fin de chaque vers en représentent la rime :
Tant que mes yeux pourront larmes épandre (A) À l'heur passé avec toi regretter (B) Et qu'aux sanglots et soupirs résister (B) Pourra ma voix, et un peu faire entendre (A)
Tant que ma main pourra les cordes tendre (A) Du mignard Luth, pour tes grâces chanter (B) Tant que l'esprit se voudra contenter (B) De ne vouloir rien fors que toi comprendre (A)
Je ne souhaite encore point mourir. (C) Mais quand mes yeux je sentirai tarir, (C) Ma voix cassée, et ma main impuissante, (D)
Et mon esprit en ce mortel séjour (E) Ne pouvant plus montrer signe d'amante (D) Prierai la mort noircir mon plus clair jour. (E)
Si vous n'avez jamais étudié la poésie, le modèle ci-dessus doit vous paraître bien compliqué. En réalité, il est très simple. Regardez le dernier mot de chacun des vers suivis de la même lettre :
(A)—épandre, entendre, tendre, comprendre. C'est la première rime.
(B)—regretter, résister, chanter, contenter. C'est la deuxième rime.
(C)—mourir, tarir. Troisième rime.
(D)—impuissante, amante. Quatrième rime.
(E)—séjour, jour. Et enfin, cinquième rime.
Les sonnets français du XVIe siècle contiennent tous cinq rimes différentes.
Maintenant, regardez l'ordre des lettres. Dans les deux quatrains, deux rimes B se trouvent entre deux rimes A. On appelle cette structure « rime embrassée » parce que les deux rimes A embrassent [embrace] les rimes B. On trouve dans les six derniers vers du sonnet deux autres structures. La structure CC est appelée « rime plate » (Notez que typiquement les deux premiers vers du premier tercet vont constituer une rime plate !). Dans un quatrain, une rime plate serait AABB. La troisième et dernière structure (DEDE) est appelée « rime croisée ». Ces termes devraient être faciles à mémoriser et à appliquer à l'analyse de toute poésie.