Les figures de style : comparaison, métaphore, périphrase, antithèse

La poésie est par nature riche en figures de style. Une connaissance des différentes figures peut vous aider à apprécier comment un poète crée beauté et profondeur avec le langage. Vous avez déjà vu dans la première leçon comment Charles d’Orléans utilise de nombreuses personnifications pour célébrer l’arrivée du printemps (« Le temps a laissié son manteau… »). Les quatre nouvelles figures que vous allez rencontrer dans cette leçon sont la comparaison, la métaphore, la périphrase, et l’antithèse.

Comparaison

Faire une comparaison c’est affirmer que deux choses se ressemblent. Des mots tels que « comme », « être pareil à », « ressembler à », ainsi que d’autres, indiquent une comparaison. Regardez le titre « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage ». Pouvez-vous trouver une comparaison ? Comme vous pouvez le voir, quelqu’un qui « a fait un beau voyage » est comparé à Ulysse. Quand vous voyez des comparaisons telles que celle-ci, essayez de comprendre pourquoi le poète a fait cette comparaison. Vous devrez peut-être faire des recherches si vous ne vous êtes pas encore familiarisé avec l’une ou les deux choses qui sont comparées.

Métaphore

Au lieu de dire que quelque chose est similaire à quelque chose d’autre, une métaphore présente deux choses comme étant identiques. Voici un exemple du poème que vous allez lire : « ma pauvre maison, Qui m’est une province… » Du Bellay dit que sa maison est une province. Nous comprenons bien sûr que sa maison n’est pas vraiment une province, mais la métaphore crée un sens de comparaison encore plus fort en éliminant les mots tels que « comme ». La différence entre une comparaison et une métaphore est facile à reconnaître. Regardez les deux phrases suivantes :

  1. La vie est comme un long fleuve tranquille.
  2. La vie est un long fleuve tranquille.

La phrase A est une comparaison. La phrase B est une métaphore.

Périphrase

Il est possible que vous ne connaissiez pas vraiment ce terme, mais il est facile à comprendre. Une périphrase est une expression qui désigne une chose d’une façon indirecte (par ses caractéristiques, par exemple) sans la nommer explicitement. Vous trouverez un exemple d’une périphrase au vers deux du sonnet de Du Bellay. « celui-là qui conquit la toison » est utilisé pour indiquer Jason sans dire son nom directement. Pour utiliser un exemple qui n’est pas dans votre poème, « capitale de la France » est une périphrase pour « Paris ».

Antithèse

Le poème « Je vis, je meurs » de Louise Labé est composé presque entièrement d’antithèses, c’est-à-dire, de contraires. Une antithèse est l’opposition de deux pensées ou deux expressions que l’on rapproche pour en faire mieux sortir le contraste. Le titre « Je vis, je meurs » est une antithèse. Les deux états opposés (vivre et mourir) sont rapprochés pour exprimer la force violente et la confusion des sentiments de Louise Labé.