Louise Labé (avant 1524-1566)

Sketch of Louise Labé
Louise Labé

Elle est considérée comme la plus grande poétesse de la Renaissance. Fille d’un riche cordier (ropemaker) de la région de Lyon, Louise reçoit une éducation exceptionnelle. Elle apprend la broderie, le chant, le luth mais également le latin, l’italien, quelques rudiments de grec, et enfin les arts des armes. Elle aurait participé à des tournois de joute en compagnie de son frère maître d’armes. Vers 1540 elle épouse un autre riche cordier qu’elle trompe avec bien des amants. En effet Louise est une passionnée d’amour et c’est au sujet de cet amour qu’elle écrit des poèmes ardents. Son amant le plus aimé, Olivier de Magny, est un poète venant des cercles parisiens. Ensemble ils composent des vers qui reflètent leur passion mais aussi leurs querelles. De cette liaison naissent les Sonnets de Louise et plus tard en 1555 ses Œuvres. Le Débat d’Amour et Folie, qui paraît dans la gerbe de ses Œuvres, revendique l’ardeur des amours charnels et lui fait gagner la réputation de courtisane. Pourtant c’est l’expression de l’émotion et du désir sincère qui fait la beauté des vers de Louise, sans oublier son aspect féministe qui invite les femmes à participer à l’essor humaniste de la Renaissance.

Il est à noter qu’un livre sorti en 2006 (Mireille Huchon, Louise Labé : une créature de papier) propose que Louise Labé est une création fictive, un être imaginaire inspiré de Sapho et créé par des poètes lyonnais tels que Maurice Scève, Olivier de Magny, et d’autres. Cette théorie surprenante contredit presque cinq siècles d’histoire, mais l’argument a convaincu plusieurs grands intellectuels en France (notamment l’académicien Marc Fumaroli). Pourtant, en l'absence d’une preuve absolue la théorie reste suspecte.