Un autre élément de la structure des rimes auquel nous devrions porter une attention particulière est le genre de ces rimes. Dans la poésie française, il existe des rimes masculines et des rimes féminines. Vous allez voir qu’il est beaucoup plus facile de deviner le genre d’une rime que celui d’un mot. Le genre du mot n’a rien à voir avec celui de la rime. Voici une formule simplifiée qui vous permettra de déterminer le genre des rimes :
Si la dernière lettre d’un mot est un « e » muet, la rime est féminine. Sinon, elle est masculine.
Par conséquent, les mots campagne, montagne, pensées, croisées et tombe sont des rimes féminines (Mais attendez ! Ne venez-vous pas de dire que le mot devait finir par un « e » muet ? —Si, si, c’est bien ça, mais le –s du pluriel ne compte pas ! Surprise !). Les rimes masculines du poème sont les mots attends, longtemps, bruit, nuit, Harfleur, et fleur. Vous remarquerez au passage que nuit et fleur sont des mots féminins mais des rimes masculines. Pourquoi cela ? Tout simplement parce que la dernière lettre de ces mots n’est pas un « e » muet. Facile, n’est-ce pas ?
Et maintenant, la question que vous vous posez tous : et alors ? À quoi cela nous sert-il d’apprendre à reconnaître les rimes masculines et féminines si notre seul but est d’arriver à comprendre le poème en profondeur ? Par hasard, une partie du sens du poème se cacherait-elle derrière les aspects techniques de ce poème ? La réponse est oui, bien sûr (sinon on ignorerait les aspects techniques, du moins dans cette classe). Comment donc la structure des rimes peut-elle aider le lecteur à mieux comprendre le message du poème ?
Revoyons ensemble ce que nous savons déjà concernant ce poème :
Est-il possible que la structure de ce poème d’Hugo exprime le désir qui le hante d’être à nouveau aux côtés de sa fille décédée ? On ne peut pas en être sûr mais on sait par contre avec certitude que souvent les poètes aiment employer des détails structurels pour communiquer leur message.