Après la Révolution française en 1789, la France voit la destruction de deux grandes institutions : la monarchie et l’église. Afin de rompre avec l’ancien régime, les dirigeants de la Première République cherchent à détruire l’influence de la religion qui avait dominé la France pendant toute son histoire. Par conséquent, au cours des premières années de la nouvelle République, les symboles du pouvoir religieux sont systématiquement éliminés. Le calendrier grégorien et toutes les fêtes religieuses sont remplacés par le calendrier républicain et des fêtes de la République. Les biens du clergé sont confisqués. Les cathédrales perdent leur caractère sacré et deviennent des entrepôts [storehouses]. Les monuments historiques—souvenirs de l’ancien régime—sont vandalisés. C’est grâce aux romantiques (tels que Chateaubriand et Victor Hugo) que le gouvernement au XIXe siècle décide de sauvegarder les monuments. Prosper Mérimée, un autre écrivain dont l’œuvre confronte le spectre de l’ancien régime, devient inspecteur général des monuments historiques en 1834, et en 1837, la commission des monuments historiques est créée.
Notre-Dame de Paris célèbre la cathédrale—symbole d’une époque où la religion constituait le centre de la ville et de la vie de ses habitants. Il est évident qu’Hugo regrette la perte de cette force sacrée tombée en ruines. Comme je l’ai déjà indiqué, le titre du roman nous montre que le personnage principal est la cathédrale. Malheureusement, le titre en anglais (The Hunchback of Notre-Dame) donne l’impression que le bossu est le protagoniste. Pourtant, on peut mieux comprendre le roman si on voit le bossu comme une personnification de la cathédrale.