L’extrait du chapitre que vous avez lu traite des nombreuses métamorphoses de Paris à travers les siècles. À ses origines, la ville est homogène et stable: « une chronique de pierre ». Cependant, les couches les plus anciennes disparaissent rapidement sous les couches les plus récentes. L’arrivée de la Renaissance amène avec elle un luxe et une variété encore plus beaux « quoique moins harmonieux à l’œil et à la pensée ». Hugo semble préférer ce « splendide moment » où Paris était encore gothique, mais cela n’a pas pu durer. La construction de nouveaux édifices splendides est accompagnée de la destruction du passé. Afin de faire de la place pour les nouvelles constructions, on oublie la gloire d’autrefois. Ainsi, le Paris roman s’efface sous le Paris gothique, et le Paris gothique devient victime du changement perpétuel.
Mais quel Paris a remplacé ce moment gothique immortalisé par Hugo ? La réponse, selon Hugo, n’est pas évidente. L’unité qui caractérisait la ville au Moyen Âge est remplacée par un amalgame de traces historiques. Chaque dirigeant marque la ville à sa façon. Les maisons associées à chaque période reflètent le goût de leur époque. Malheureusement, le Paris du XIXe siècle, c’est-à-dire le Paris contemporain de Victor Hugo, remplace son architecture et ses monuments par un déluge de maisons qui se ressemblent. L’avenir, selon Hugo, est un Paris aussi éphémère que du plâtre à moins que l’on ne fasse quelque chose pour arrêter la perte des monuments.
Le génie de Notre-Dame de Paris est que ce roman nous aide à lire une ville comme on lirait un livre. Hugo rend visible les fantômes du passé.