Victor-Marie Hugo (1802-85)
Né d’un père officier de l’armée républicaine et d’une mère royaliste et vendéenne, Victor Hugo a une enfance tumultueuse. Ses parents ne s’entendent pas. Alors que la carrière militaire de son père l’emmène en Corse, en Italie et en Espagne, sa mère se fatigue des voyages et des champs de bataille. Victor et ses deux frères aînés, Abel (1798-1855) et Eugène (1800-1837), vivent tragiquement le conflit parental ainsi que leur séparation définitive qui se conclut en 1815. La mère de Victor Hugo laisse à ses fils la plus grande liberté de penser et de lire. Victor commence à écrire des histoires dès l’âge de 13 ans. À 14 ans, il écrit dans son journal : « Je veux être Chateaubriand
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fondateur de la première vague du romantisme.
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ou rien ! ». À 17 ans, il fonde une revue appelée
le Conservateur littéraire avec ses frères, et cette même année il reçoit le premier prix de l’Académie des Jeux Floraux (une institution littéraire à Toulouse). Cette victoire marque le début de la rivalité avec son frère, Eugène. À la rivalité poétique s’ajoute la rivalité amoureuse, car ils sont tous deux épris de leur jeune amie Adèle Foucher, un choix non approuvé par leur mère. En 1821, leur mère meurt de la tuberculose. L’année suivante Victor et Adèle se marient et Eugène, qui ne s’en remet pas, s’enfonce dans la schizophrénie. Victor et Adèle auront 5 enfants dont le premier mourra prématurément. En 1822 Victor publie ses premières
Odes et en 1824 ses
Nouvelles Odes. En 1827, il publie un des documents fondateurs du romantisme français :
Cromwell. Le drame
Cromwell n’est jamais présenté au théâtre, mais sa préface constitue un manifeste du mouvement romantique. Hugo y proclame qu’aucune règle à part les lois de la nature ne doit restreindre l’esprit de l’écrivain. Puis, en octobre 1830 la représentation de sa pièce
Hernani, un drame qui refuse de respecter les règles classiques, fait scandale et inaugure la deuxième vague du romantisme. C’est durant la mise en scène de cette pièce qu’Hugo entame une liaison amoureuse avec une petite comédienne, Juliette Drouet. Cette liaison durera cinquante ans. En 1831, il publie
Notre-Dame de Paris. Les descriptions architecturales de la cathédrale entraînent la création de la Commission des Monuments Historiques qui a pour but de préserver les bâtiments de France. En 1837 Hugo est nominé pour la Légion d’Honneur et en 1841, à sa quatrième tentative, il est élu à l’Académie française. En 1843, alors qu’il est en voyage avec Juliette, il apprend dans un journal que sa fille, Léopoldine, est morte dans un accident de bateau. Hugo cesse d’écrire et se réfugie dans les bras d’une nouvelle maîtresse. Il quitte Paris et commence à écrire
Les Misérables. En 1848 il est élu député à l’Assemblée Constitutionnelle, mais après un an de service il commence à s’opposer au gouvernement « tyrannique » de Louis Napoléon. Lorsque celui-ci fait un coup d’état en 1851 et se proclame « l’empereur Napoléon III », Hugo s’exile et s’établit dans les îles de la Manche où il reste avec sa famille jusqu’à la chute de l’empereur en 1870. De retour à Paris, il est accueilli comme un héros national. Après une crise cardiaque en 1877, il s’arrête d’écrire. Il meurt en 1885 et est enterré au Panthéon. Deux millions de personnes assistent à l’événement.