Pascal dit tout au début que le projet cartésien (celui de prouver l’existence de Dieu) ne sert à rien. Dieu n’a aucun rapport avec nous, dit-il, et par conséquent nous sommes incapables de connaître son existence. Dans une autre pensée Pascal dit que Descartes est « inutile et incertain ». La pensée 101 déclare, « Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais encore par le cœur ». Pascal refuse d’employer la raison pour prouver que Dieu existe. Il n’est pas question de savoir si Dieu existe ou non, selon Pascal, mais il faut plutôt choisir si on va croire en Dieu ou non.
Tout comme La Rochefoucauld, Pascal approuve les croyances des Jansénistes. Il critique la vanité et les passions de l’être humain. Nous sommes toujours prêts à nous amuser et à chercher à satisfaire nos propres intérêts, mais nous évitons les questions les plus importantes. Alors, en exploitant le vocabulaire du jeu, Pascal nous montre que c’est dans notre intérêt de croire en Dieu. Au lieu de parler de certitude, il parle de risques. On risque de perdre beaucoup (sous entendu : passer toute l’éternité en enfer) si on choisit de ne pas croire en Dieu s’il se trouve que Dieu existe, et on gagne une infinité de bonheur si Dieu existe et que l’on croit en Lui. Si on croit en Dieu et qu'Il n’existe pas, par contre, qu’est-ce qu’on perd ? Quelques efforts ? Un peu de temps passé à l’église ? On ne perd rien. Au contraire (et ceci est souvent omis dans les résumés du pari que vous lirez ailleurs), on gagne la maîtrise des passions et on devient une meilleure personne à cause de sa foi. « Or, quel mal vous arrivera-t-il en prenant ce parti ? Vous serez fidèle, honnête, humble, reconnaissant, bienfaisant, ami sincère, véritable. »
Nos passions constituent le seul obstacle à faire le choix logique. « Mais apprenez au moins que votre impuissance à croire, puisque la raison vous y porte, et que néanmoins vous ne le pouvez, vient de vos passions. » Autrement dit, si on résiste au bon choix, c’est à cause de nos passions et de la tentation de pécher.