Vous devriez connaître ces deux termes. Bien qu’ils aient souvent été mal utilisés ou trop simplifiés, vous devriez avoir une connaissance générale des termes clefs utilisés pour décrire les mouvements artistiques et littéraires. Un style artistique ne peut pas être lié exclusivement au règne d’un seul roi. Louis XIV, par exemple, appréciait l’art classique et l’art baroque. Cependant, en général la préférence pour le classicisme succède au baroque. Le petit tableau suivant vous aidera à distinguer les deux esthétiques :
| Le baroque | Le classicisme |
|---|---|
| asymétrique | symétrique |
| des formes mouvementées et ondulantes | des formes statuesques |
| les plaisirs de l’illusion, du complexe | la beauté de la simplicité |
| veut évoquer de l’émotion | veut évoquer un idéal |
| influencé par l’Antiquité | influencé par l’Antiquité |
Un exemple du baroque au théâtre est la pièce Le Véritable Saint Genest écrite par Jean Rotrou (1609-1650). Le Véritable Saint Genest nous présente une pièce à l’intérieur d’une pièce dans laquelle illusion et réalité se confrontent et se confondent. Un comédien païen qui joue le rôle d’un martyre chrétien (Saint Genest) se convertit à la religion chrétienne et devient à son tour martyre à cause de son rôle. On dit parfois que dans l’architecture baroque la structure est subordonnée au décor. Dans Le Véritable Saint Genest on en voit l’équivalent chez un acteur : le rôle « réel » est subordonné au rôle joué. L’ornementation (c’est-à-dire, l’identité jouée) devient maître de la réalité.
En contraste à cette confusion baroque, les tragédies de Jean Racine (1639-1699) respectent l’ordre classique des « trois unités »: l’unité de temps (la pièce se déroule en 24 heures), l’unité de lieu (le décor ne change pas), et l’unité d’action (la trame suit une seule intrigue). L’adhérence à ces trois règles (établies selon l’interprétation contemporaine d’Aristote) crée une simplicité idéale selon les classicistes.