La nouvelle apparaît en France pour la première fois au XVe siècle. On pourrait dire que le lai et le fabliau (histoire comique) sont des ancêtres de la nouvelle, mais alors que ces derniers sont écrits en vers, les nouvelles sont écrites en prose. À l’instar de la tradition italienne (ex. Le Decameron de Bocace), des recueils ou cycles de nouvelles commencent à paraître en France tels que Les Cents Nouvelles nouvelles. En général, la nouvelle se situe dans le présent et offre donc une vision de la vie quotidienne de l’époque, de ses valeurs, et de son humour. Les Quinze Joies de Mariage regroupe des nouvelles autour d’un thème : la critique des femmes.
Au Moyen Âge beaucoup d’auteurs personnifient les sentiments et les qualités (Amour, Tristesse, Jalousie, Courtoisie, Raison, Droiture, etc.), les âges de la vie (Jeunesse, Vieillesse), et d’autres idées pour créer un commentaire allégorique. Selon cette pratique, un être animé représente une idée abstraite et l’intrigue de l’histoire est faite pour être lue dans son sens symbolique. Le Roman de la Rose, par exemple, est une allégorie de la conquête amoureuse. L’histoire littérale (un homme qui veut posséder une rose) est destinée à être lue figurativement. Chaque élément de l’histoire (le lieu: un jardin clos, les personnages: Bel Acueil, Male Bouche, Jalousie, etc.) illustre un ensemble symbolique cohérent. Dans La Cité des Dames trois personnages allégoriques (Raison, Droiture, Justice) aident Christine de Pizan à bâtir une cité (refuge pour les femmes) peuplée des grandes femmes de l’histoire. Tout comme Le Roman de la Rose, La Cité des Dames présente une vision allégorique qui engage un débat réel à travers le symbolique.