Learn the defining characteristics of Symbolism.
Tout comme les romantiques, les symbolistes s’intéressent à la connexion difficile, voire impossible à établir, qui existe entre le domaine de l’idéal et celui de l’humain. Les symbolistes préfèrent la fantaisie de la poésie à l’objectivité scientifique du réalisme et du symbolisme. Ils sont ennemis des descriptions objectives et de l’objectivité en général. Ils tentent de découvrir, à travers le langage et la langue, quelque chose qui leur est supérieur. Le symbolisme utilise l’outil bien utile qu’est la langue pour atteindre quelque chose qui se cache derrière une réalité trop évidente. Mais il ne s’agit pas, pour le symboliste, d’arriver à un idéal transcendantal; il pense en effet que la langue ne peut exprimer ni idéal, ni absolu. Les mots peuvent toutefois être utilisés et agencés de telle façon qu’ils semblent indiquer au lecteur l’existence de quelque chose qui se cache derrière eux, derrière les apparences. Le poète Mallarmé, auteur symboliste, croyait par exemple qu’en jouant avec la syntaxe d’une phrase (l’ordre des mots), il pouvait donner à la langue de nouvelles nuances, un nouveau sens. Il affirmait même que l’espace vide —celui qui se trouve entre les mots— parlait. Les symbolistes utilisent les mots pour mettre au grand jour certaines relations cachées qui existent entre les choses. Pour eux, rien n’existe ni dans ni par soi-même ; tout fait partie d’un réseau de correspondances. Ce petit tour bien complexe que la langue nous joue rend la poésie symbolique riche de sens, et par conséquent difficile à comprendre. La poésie symbolique ne peut être comprise que par ceux, rares, qui arrivent à rentrer dans le jeu.
Voici un extrait de Une Saison en Enfer, de Rimbaud, qui vous donnera un exemple de symbolisme dans la littérature du dix-neuvième :
« J’inventais la couleur des voyelles ! –A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. –Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne et, avec des rythmes instinctifs, je me flattai d’inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l’autre, à tous les sens. Je réservais la traduction.
Ce fut d’abord une étude. J’écrivais des silences, des nuits, je notais l’inexprimable. Je fixais des vertiges.
[. . .]
Je finis par trouver sacré le désordre de mon esprit. »