Illuminated manuscript of a woman in a garden with two men behind bars
Illuminated manuscript: the story of two imprisoned knights who fall in love with a woman they see in a garden

La littérature française commence à l’église. Les plus anciens textes appartiennent au genre hagiographique; ce sont les biographies idéalisées des saints. Pour voir apparaître un texte littéraire non hagiographique il faut attendre le XIIe siècle. La Chanson de Roland est le plus ancien texte épique connu (l’histoire est bien plus ancienne que le manuscrit qui la conserve et qui date d'environ 1125). La littérature épique chante les vertus chevaleresques des bellatores : le courage, la fidelité, et l’intégrité. Vers 1150, un nouveau courant littéraire commence : la courtoisie. Sous l’influence de la littérature provençale des troubadours les textes littéraires se concentrent de plus en plus souvent sur les relations homme-femme. Les auteurs s’intéressent à l’amour et à ses effets. Dans la plupart des textes, les hommes raffinent leur caractère à cause d’un amour pour une dame noble. Celle-ci est le plus souvent idéalisée et en général inaccessible. Cet amour courtois inspire un grand nombre de chansons d’amour, de lais, de romans, et même des traités théoriques. La littérature courtoise s’adresse à un public cultivé et élitiste. Les centres littéraires de l’époque sont donc des cours (royales ou autres) comme celles des rois de France et d’Angleterre.

Manuscript detail of a man dying in a woman’s arms
Detail of an lluminated manuscript: a man who falls in love with a woman from only her description and travels to meet her, only to die in her arms

Les laborantes se sont certainement raconté des histoires aussi; en étudiant la littérature du Moyen Âge il faut reconnaître que celle-ci est avant tout orale et que de nombreux textes n’ont jamais été écrits. Pendant très longtemps les laborantes n’étaient pas à même d’écrire leurs textes. Toute une tradition orale s'est donc perdue et on voit que les textes bourgeois apparaissent plus tard que ceux des classes privilégiées. À partir du XIIIe siècle, les bourgeois devenus riches veulent s’instruire et s’amuser en lisant. La littérature bourgeoise se veut donc didactique et amusante, parfois même satirique. Les genres se multiplient : tout d’abord les bourgeois imitent la littérature courtoise (chansons d’amour écrites par des bourgeois), puis de nouveaux genres apparaissent (comme la chantefable, Aucassin et Nicolette). Dans les villes du nord de la France, centres d’une nouvelle économie dynamique, le théâtre fleurit surtout aux XIVe et XVe siècles. C’est l’époque de la représentation de nombreux Mystères : on y joue les grands moments de l’histoire sainte comme la Passion et la Résurrection. Ceci ne veut pas dire qu’on ignore le théâtre comique, comme en témoigne un nombre de recueils de farces. 1

D’une façon générale, la farce est courte. Les caractères principaux sont des personnages de tous les jours qui résolvent leurs conflits par la ruse, les injures, et/ou la violence.
Close
La bourgeoisie cultive également une satire de l’épopée : Le Roman de Renart qui s’inspire à la fois de l’épopée chevaleresque et du roman, mais qui comprend également une satire pleine d’humour des relations entre les classes sociales. Souvent la bourgeoisie se trouvait dans une position politique et sociale subordonnée dont elle ne pouvait échapper qu'en la regardant d’un œil moqueur.