Introduction

Introduction au Moyen Âge 1
A special thanks to my colleague and Medieval specialist, Professor Nicolaas Unlandt, for his expertise and help.
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Copy of an early French manuscript
La Séquence de Sainte Eulalie

En 55 (av. J.-C.) la région que nous appelons aujourd’hui la France (et le sud de la Belgique) est conquise par les Romains. Peu à peu le latin remplacera les différents parlers locaux des Gaulois. La langue française évolue principalement du latin parlé par les soldats romains qui reçoivent de la terre en France comme récompense pour leur service militaire. Dans certaines régions cette évolution est très lente. Vers la fin du Ve siècle (apr. J.-C.) des invasions germaniques mènent à la chute de l’Empire (476 : chute de Rome). Par conséquent, les langues des envahisseurs germaniques influenceront l’évolution de la langue française (par exemple, le « h » aspiré dans des mots comme haine, haïr, hâte est d’origine germanique). Les premières manifestations du français comme véritable langue apparaissent au début du IXe siècle et la littérature française trouve ses origines vers la fin du IXe siècle. Les Serments de Strasbourg (842), texte politique et non littéraire, est le plus ancien document écrit en français. Vers 880 les premiers textes littéraires apparaissent avec La Séquence de Sainte Eulalie (des vers courts traitant du martyre de St. Eulalie).

Dans le développement de la société médiévale, nous voyons la même fusion d’éléments latins et germaniques. Cette société est basée sur l’échange de services et de récompenses à tous les niveaux. Les seigneurs qui possèdent des terres donnent des fiefs 2

fief = un don, typiquement un domaine concédé à un vassal par son seigneur en échange de services
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à leurs vassaux; les hommes de l’église prient pour la société en échange de dons faits à l’Église. Ces relations déterminent tout le fonctionnement de la société. Ce système s’appelle la féodalité. On distingue trois classes sociales : oratores (« ceux qui prient » le clergé), bellatores (« ceux qui font la guerre », les nobles) et laborantes (« ceux qui travaillent »—tout d’abord ce ne sont que des paysans, mais à partir de la deuxième moitié du XIIe siècle les villes deviennent de plus en plus importantes et on voit la naissance d’une classe bourgeoise). Cette dernière classe comprend entre 90 et 95% de la population. Bien qu’en théorie ce système paraisse stable, en pratique les trois classes connaissent souvent des conflits. Par exemple, l’Église et la noblesse se disputent l’autorité absolue, alors que le tiers état (les laborantes) doit mener une longue lutte pour que les deux autres lui reconnaissent certains droits.
Detail from a medieval manuscript showing a priest, a knight, and a peasant
Les trois classes sociales: oratores, bellatores, et laborantes

La société médiévale connaît son « grand siècle » entre 1150 et 1250. C’est le siècle de l’architecture gothique, des grands philosophes médiévaux, de la création des universités (par exemple, la Sorbonne) et des grands textes littéraires en français. Tout commence à changer après la mort de St. Louis en 1270. Les XIVe et XVe siècles se caractérisent par des crises économiques, l’instabilité politique et, à partir de 1348, les épidémies de la Peste noire. La Guerre de Cent Ans (1337–1453) marque le déclin de la société médiévale. L’Église, tombée victime de la corruption du clergé, traverse une grande crise; la noblesse prouve qu’elle est incapable de défendre le royaume (immenses défaites aux batailles de Crécy en 1346, Poitiers en 1356, et Azincourt en 1415). La bourgeoisie, devenue importante et riche, s’est peu à peu séparée de la masse des paysans avec qui elle n’a plus rien en commun.