Onzième enfant de Léon Roy, interprète français pour le gouvernement, et de Mélinda Roy (née Landry), Gabrielle Roy est née à Saint-Boniface, au Manitoba, d’une famille aux moyens très limités.
De 1914 à 1928, Roy a été une brillante étudiante à l’Académie de St. Joseph et a reçu, lors de la remise des diplômes, une bourse d’étude et diverses médailles y compris le « Prix du Lieutenant-Gouverneur » de Manitoba. Après une formation d’enseignante à l’École Normale de Winnipeg, elle a enseigné pendant un an dans les écoles rurales de Marchand et de Cardinal. Puis en 1930, on lui a offert un poste permanent à Saint-Boniface où elle a travaillé en tant qu’institutrice pendant sept ans.
Avec ses épargnes, Gabrielle est partie en Europe afin de poursuivre son rêve : faire du théatre. Elle est allée à Paris puis à Londres où elle s’est inscrite au « Guildhall School of Music and Drama ». Durant cette même période, elle a connu son premier amour : un jeune Canadien d’origine ukrainienne. La relation n’a duré que quelques mois. À la fin de sa deuxième année, elle a été forcée de revenir au Canada suite au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Elle est rentrée avec ses ouvrages presqu’achevés mais s’est établie au Québec pour gagner sa vie comme journaliste tout en continuant d’écrire des romans. En août 1947, elle a épousé Marcel Carbotte, un médecin de Saint-Boniface, et le couple est parti pour l’Europe où Carbotte a étudié la gynécologie et Mme Roy passait son temps à écrire. Ils sont revenus d’Europe en 1950, puis ont emménagé dans la ville de Québec deux ans plus tard. Ils ont acheté un chalet à Petite-Rivière-Saint-François, tout près de leur domicile permanent. C’est là que Gabrielle a passé chaque été jusqu’à sa mort et où elle a rédigé presque tous ses romans.
L’œuvre de Gabrielle Roy regroupe différents romans ayant reçu plusieurs prix littéraires. Bonheur d’occasion, un triste portrait de la vie des habitants de Saint-Henri (un quartier de la classe ouvrière), est paru en 1945 et a gagné le « Prix Du Gouverneur général ». Il fut également traduit dans plusieurs langues. Son deuxième roman, Alexandre Chenevert, est paru en 1954 et lui a apporté davantage de succès. Il représente une sombre et émouvante peinture et compte parmi les ouvrages les plus importants du réalisme psychologique dans l’histoire de la littérature canadienne. La Détresse et l’enchantement, son autobiographie publiée à titre posthume en 1984, retrace son enfance au Manitoba.