Pour la première publication des Lettres persanes à Amsterdam en 1721, Montesquieu a choisi l’anonymat. La première édition était composée de 150 lettres. En 1754, il a ajouté un supplément de 11 lettres ainsi que « Quelques réflexions sur les Lettres persanes ». Il y a eu au moins trente éditions du livre pendant sa vie.
Montesquieu exploite deux genres d’écrit très en vogue au XVIIIe siècle : les récits de voyage et les romans épistolaires. Tandis que d’autres auteurs publient des livres au sujet de leurs voyages exotiques, Montesquieu inverse le point de vue. Dans les lettres que vous allez lire, le seigneur perse Rica fait le récit de son séjour à Paris, mais il semble qu’il ait atterri sur une autre planète. Ce sont les Parisiens qui paraissent étranges et exotiques aux yeux du personnage principal. Ainsi, Montesquieu satirise les Français en créant une littérature de voyage épistolaire à propos de leur propre pays.
Voici quelques exemples de commentaires sur la culture française trouvés dans les Lettres persanes :
Au sujet de l’Académie française : « Ceux qui [la] composent n’ont d’autre fonction que de jaser [to chatter] sans cesse. »
Au sujet des intellectuels : « Mais ce qui me choque de ces beaux esprits, c’est qu’ils ne se rendent pas utiles à leur patrie, et qu’ils amusent leurs talents à des choses puériles. »
Au sujet du suicide : « Les lois sont furieuses en Europe contre ceux qui se tuent eux-mêmes : on les fait mourir, pour ainsi dire, une seconde fois. »
Lisez la lettre 24 et interrogez ensuite votre compréhension avec l’exercice ci-dessous.