Nouveau genre : la satire

Le concept de la satire est double : la satire peut être un genre littéraire, mais tout autre genre littéraire peut contenir des éléments de la satire. Ainsi, au Moyen Âge, on trouve des exemples d’œuvres qui utilisent la satire, mais le mot « satire » n’existe pas. La satire sociale est présente dans les farces du Moyen Âge, mais le nom en reste « farce ». La satire, en tant que genre littéraire, requiert l'utilisation de la littérature latine et le libre mélange de genres, mètres et formes. L'élément essentiel de la satire est le fait qu’elle se moque de la folie de la société.

François Rabelais (1494-1553)

Portrait of Rabelais
Rabelais

Humaniste, docteur, et auteur d’histoires comiques, Rabelais est le plus éclectique des écrivains du XVIe siècle. Né d’un père avocat, il s’intéresse au droit dans son jeune âge. Mais c’est la vie monastique que Rabelais choisit en entrant dans l’ordre des Franciscains vers 1510. Jusqu’à 1523 Rabelais se concentre sur l’étude du latin, du grec et du droit. Mais à l’époque, l’étude du grec était considérée comme suspecte par la Sorbonne à cause de son influence sur l’interprétation personnelle de la Bible. Ainsi les supérieurs de Rabelais lui confisquent ses livres, entraînant la décision de Rabelais de quitter l’ordre des Franciscains pour se joindre à celui des Bénédictins, réputé pour être plus ouvert aux évolutions culturelles. Rabelais renonce à la vie monastique vers 1528 pour se consacrer à l’étude de la médecine. En 1530 il s'inscrit à la faculté de médecine de Montpellier et est reçu bachelier le 1er novembre. En 1532, Rabelais s’installe à Lyon et publie plusieurs ouvrages sur la médecine. C’est à l’occasion des foires de Lyon qu’il publie son premier ouvrage comique, Pantagruel. Le livre obtient un vif succès auprès du public mais la Sorbonne le condamne pour obscénité en 1533. Devenu médecin de l’évêque de Paris, Jean du Bellay, Rabelais se rend à Rome en 1534 pour une mission diplomatique. De retour à Lyon, il publie son deuxième ouvrage comique, .

À travers l’exubérance linguistique de son écriture, sans comparaison dans la littérature française, Rabelais crée un monde imaginaire qui se suffit à lui-même et dans lequel se transforment et se transcendent les événements réels et les problèmes du début du XVIe siècle.