Fils d’un artisan genevois, Rousseau perd sa mère quelques semaines après sa naissance et son père quitte le foyer alors que Rousseau n’a que 10 ans. Rousseau ne reçoit que très peu d’éducation ; à 13 ans il est placé comme apprenti chez un greffier, puis chez un graveur, tous deux à Genève. Il quitte Genève en 1728 et mène une vie errante, travaillant comme laquais, secrétaire, et maître de musique. Il trouve refuge et protection à Chambéry auprès de Madame la baronne de Warens. À cause de son amour pour elle, il se convertit au catholicisme et l’appelle « maman ». Plus tard dans sa vie, il deviendra son amant. Si Rousseau est reconnu pour sa littérature, c’est dans une œuvre musicale qu’il a longtemps placé ses ambitions et ses espoirs. À Paris, en 1742 et 1743, il publie Projet concernant les nouveaux signes pour la musique et Dissertation sur la musique moderne. En 1749, Diderot fait appel à Rousseau pour contribuer à la création de l’Encyclopédie et il lui confie les articles sur la musique. Pourtant, ce qui rend Rousseau célèbre c’est son essai pour un concours proposé par l’Académie de Dijon en 1750. Le sujet du concours est « … si le rétablissement des sciences et des arts a contribué à corrompre ou à épurer les mœurs ». La théorie provocatrice de Rousseau—que « le progrès » des sciences et des arts n’est qu’un signe de la corruption et la décadence de la société—lui vaut le premier prix. Le développement de cette idée se trouve dans les Discours sur les sciences et les arts (1751). En 1752, un opéra écrit par Rousseau (Le Devin du village) est présenté au roi. Cette même année, Rousseau participe à la Querelle des Bouffons—un débat concernant l’opéra, le nationalisme, et la politique. Rousseau prend le parti de l’opéra italien à cause de son emphase sur des mélodies simples qui plaisent au peuple. Il critique le grand compositeur français Jean-Philippe Rameau pour son style trop élitiste et sa théorie trop intellectuelle des harmonies. La musique française, selon Rousseau, est un symptôme de la décadence de la culture. Un deuxième sujet présenté par l’Académie de Dijon sur les fondements de l’inégalité permet à Rousseau d’étendre sa pensée en publiant les Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1755). En 1757, il écrit contre l’encyclopédiste d’Alembert qui avait proposé la construction d’un théâtre à Genève. Sa Lettre à d’Alembert condamne l’influence corruptrice du théâtre et en même temps montre qu’il se distancie de ses amis les philosophes. En 1762, Émile et Du contrat social provoquent beaucoup de protestations et exposent Rousseau à des répressions. Les deux livres sont interdits en France, au Pays-Bas, à Genève, et à Berne. Rousseau continue à écrire, mais confronté à la persécution, il se retire de la société de plus en plus. Entre 1766 et 1769, il écrit son œuvre autobiographique Confessions, mais elle ne sera publiée que quatre ans après sa mort. Sa santé mentale est perturbée par des idées paranoïaques et il s’isole et trouve refuge dans ses promenades durant lesquelles il étudie la botanique. Ses Rêveries du promeneur solitaire, une œuvre inachevée, est le reflet des dernières années de sa vie. Aujourd’hui, le tombeau de Rousseau se trouve au Panthéon à Paris en face du philosophe Voltaire avec qui il ne s’entendait pas.