A painting of the English Parliament
A picture of Parliament in session

Sur le Parlement en Angleterre… (Lettre 8)

« Voici une différence plus essentielle entre Rome et l’Angleterre, qui met tout l’avantage du côté de la dernière : c’est que le fruit des guerres civiles à Rome a été l’esclavage, et celui des troubles d’Angleterre, la liberté. La nation anglaise est la seule de la terre qui soit parvenue à régler 1

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le pouvoir des rois en leur résistant, et qui, d’efforts en efforts, ait enfin établi ce gouvernement sage où le Prince, tout-puissant pour faire du bien, a les mains liées 2
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pour faire le mal, où les seigneurs sont grands sans insolence et sans vassaux, et où le peuple partage le gouvernement sans confusion. »

Sur le commerce…(Lettre 10)

« Le commerce, qui a enrichi les citoyens en Angleterre, a contribué à les rendre libres, et cette liberté a étendu le commerce à son tour ; de là s’est formée la grandeur de l’État. »

« Je ne sais pourtant lequel est le plus utile à un État, ou un seigneur bien poudré 2 qui sait précisément à quelle heure le Roi se lève…ou un négociant qui enrichit son pays… »

Sur Descartes

(Lettre 13 « Sur M. Locke »)

« Notre Descartes, né pour découvrir les erreurs de l’antiquité, mais pour y substituer les siennes, et entraîné par cet esprit systématique qui aveugle les plus grands hommes, s’imagina avoir démontré que l’âme 3 était la même chose que la pensée… »

A portrait of William Shakespeare
William Shakespeare

Sur Shakespeare

(Lettre 18 « Sur la tragédie »)

« Il avait un génie plein de force et de fécondité, de naturel et de sublime, sans la moindre étincelle 4 de bon goût et sans la moindre connaissance des règles 5 . »

Sur les Pensées de M. Pascal (Lettre 25)

« Il me paraît qu’en général l’esprit dans lequel M. Pascal écrivit ces Pensées était de montrer l’homme dans un jour odieux. Il s’acharne à nous peindre tous méchants et malheureux. Il écrit contre la nature humaine à peu près comme il écrivait contre les jésuites. Il impute à l’essence de notre nature ce qui n’appartient qu’à certains hommes. Il dit éloquemment des injures au genre humain. J’ose prendre le parti de l’humanité contre ce misanthrope sublime ; j’ose assurer que nous ne sommes ni si méchants ni si malheureux qu’il le dit… »

« J’ai intérêt, sans doute, qu’il y ait un Dieu ; mais si, dans votre système, Dieu n’est venu que pour si peu de personnes ; si le petit nombre des élus est si effrayant ; si je ne puis rien du tout par moi-même, dites-moi, je vous prie, quel intérêt j’ai à vous croire? »