Au cours des dernières scènes, Créon et Antigone ont tous les deux des doutes. Quand Antigone dicte la lettre au garde, elle dit: « Créon avait raison […] je ne sais plus pourquoi je meurs » (115). Elle a peur et ne comprend plus vraiment le sens [meaning] de son sacrifice. À la fin, Antigone comprend Créon. Elle comprend « combien c’était simple de vivre » (115). Mais maintenant il est trop tard. Dans un élan résolu, Antigone décide d’effacer toute trace de doutes dans sa lettre. Elle demande au garde de tout changer et de ne laisser que des excuses ambiguës : « Pardon » (116). Elle cache ses doutes au monde et garde ainsi dans la mort sa force et son idéalisme.
Créon aussi a des doutes mais ils n’apparaissent que tout à la fin. Créon dit à son page qu’Antigone avait peut-être raison, qu’il ne faudrait jamais grandir. « Il faudrait ne jamais devenir grand » (122). Créon semble dire que les sacrifices de la vie adulte n’en valent pas la peine et que les gens devraient être plus comme Antigone. Mais Créon remplit lui aussi son rôle jusqu’au bout. Il doit assister à une réunion : « Eh bien, si nous avons conseil, petit, nous allons y aller » (122). La vie continue.
L’image finale sur laquelle nous restons est celle des gardes, les seuls à ne pas être affectés par ce qui vient d’arriver :
« il ne reste plus que les gardes. Eux, tout ça, cela leur est égal ; c’est pas leurs oignons [it’s none of their business]. Ils continuent à jouer aux cartes… » (123)
La pièce commence et se termine avec les gardes qui jouent aux cartes. Vous êtes libres d’interpréter cela comme vous le désirez.